NOBLE ORIGINE DE L’ENSEIGNEMENT SUR LE CALME MENTAL ET LA VISION SUPÉRIEURE

Le sens de la méditation

« Méditation » (gom en langue tibétaine) provient étymologiquement du mot khom dans la même langue, qui signifie « se familiariser ». Tous les enseignements du Bouddha sont destinés à la méditation, qui est elle-même de deux catégories : de concentration et d’analyse. La méditation de concentration vise la focalisation de l’esprit, qui elle-même permet la demeure stable et claire sur un objet de méditation choisi. Sa pratique permet l’atteinte du calme mental, qui est la demeure paisible de l’esprit combinée à une totale maniabilité de l’esprit et à un état de grand bien-être physique et mental. La méditation analytique, quant à elle, implique un mouvement de l’esprit, par l’utilisation de différents raisonnements logiques permettant d’éliminer les fausses perceptions et compréhensions qui sont les racines des perturbations mentales et de la souffrance. Elle fait croître la compréhension ou une vision supérieure. 

NOBLE ORIGINE DE L’ENSEIGNEMENT SUR LE CALME MENTAL ET LA VISION SUPÉRIEURE

Notre monde actuel a vu naître le bouddhisme il y a environ 2550 ans. En effet, c'est à ce moment qu'apparut le Bouddha Shakyamuni, venu enseigner en la terre sacrée de l'Inde. Dans son immense bonté, il sut partager avec les êtres, en toute impartialité, les enseignements des trois corbeilles (vinaya, soutra et abhidharma). Ces instructions permettent respectivement la pratique des trois entraînements supérieurs que sont l'éthique, la concentration et la sagesse. Par ses nombreux enseignements, le Bouddha sut s'adapter aux besoins, motivations et capacités de chacun de ses disciples.

Ces enseignements furent transmis à Maitreya et Manjoushri, puis respectivement à Asanga et Nagarjouna, qui eux-mêmes les transmirent aux deux lamas érudits, Serlingpa (Suvarnadvipi-Dharmakirti des Îles Dorées) et Rikpékouyouk (Vidyakokila l'Aîné). Ces deux lignées d'enseignement, nommées respectivement de la vaste pratique et de la vue profonde, furent par la suite réunies en la personne du maître indien Atisha Dipamkara. Ce dernier les transmis au Tibet de manière splendide durant les 17 dernières années de sa vie, sachant les adapter au peuple tibétain afin de faciliter leur compréhension. Il les transmit à son principal fils spirituel Dromtonpa. Ces enseignements furent ensuite gardés intacts par une lignée ininterrompue de maîtres comme le Dalaï-Lama jusqu'au pionnier Lama Tsongkhapa, fondateur d'une excellente tradition présentant les instructions sur le calme mentale et la vision pénétrante encore très vivante à notre époque.

On dit habituellement que tous les enseignements du Bouddha visent l’atteinte de l’éveil par la pratique de deux sortes de méditation : la méditation de concentration et la méditation analytique. La première permet le calme mental (shamatha), tandis que la seconde procure la vision supérieure (vipashyana).

Le calme mental est un état d’un esprit qui s’est pacifié en demeurant concentré en un point intérieurement, combiné à la félicité de la souplesse à la fois physique et mentale. Son obtention permet, entre autres, de faire naître la vision supérieure : une sagesse discernant chacun des phénomènes, conjuguée à la félicité de la souplesse méditative induite par le pouvoir de l’analyse.

Le calme mental est aussi caractérisé par l’arrêt temporaire des perturbations mentales affectant l’esprit qui, par le fait même, devient clair. Cette clarté et cette stabilité offrent la possibilité d’une profonde analyse, par la vision supérieure, pouvant éliminer définitivement la racine même de ces perturbations. 

Le calme mental et la vision supérieure sont discutés à l’intérieur des trois corbeilles, dont le contenu consiste en les trois entraînements supérieurs. La corbeille de la discipline (Vinaya), la corbeille des Soutras et la corbeille de la métaphysique (Abhidharma) servent à présenter respectivement l’entraînement supérieur à l’éthique, à la concentration et à la sagesse.

L’entraînement supérieur à l’éthique permet l’arrêt des distractions externes. Il est à la base de toutes les qualités et favorise une discipline morale et comportementale. Il encourage le développement de la tolérance, de la dignité, de la considération envers autrui, du contentement, du respect et de l’amour.

L’entraînement supérieur à la concentration, par la stabilisation de l’esprit centré en un point à l’intérieur, permet l’atteinte du calme mental qui demeure dans les deux félicités découlant des souplesses physique et mentale, ainsi que l’atteinte des états de conscience des mondes supérieurs (monde de la forme et du sans forme).

L’entraînement supérieur à la sagesse, par la réalisation de la vraie nature des phénomènes, permet d’obtenir la vision supérieure.

 

Tiré du livre Apprendre à Méditer du maître bouddhiste tibétain Lama Samten pour les formations du Calme Mental au Centre Paramita.

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